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Un article paru le 21 Avril 2009  dans Presse-Océan, journal local nantais, relate un exemple de la mise en action des concepts de médiation. Il s'intitule : "J'avais 13 ans, on m'a excisée.
Une jeune femme de 33 ans vivant en France, raconte comment à la faveur de vacances au pays, elle et ses cousines, ont subi cette terrible mutilation pour acquiescer aux voeux d'une grand-mère protectrice des "traditions".
De retour en France que sont-elles devenues ? Dans quels lieux ont-elles pu dire leur souffrance ?
Le journaliste relate deux initiatives nantaises pionnières dans l'accompagnement de ces victimes :
* le professeur Henri-Jean Philippe anime au CHU une unité spécialisée dans la chirurgie réparatrice et l'accompagnement qui sont essentiels pour ces femmes blessées au plus profond d'elles-mêmes.
* En parallèle une association de quartier a fondé un groupe de parole où elles peuvent enfin "se dire".

Le récit de ces innovations, qui mériteraient d"être connues et imitées, m'ont remis en mémoire une partie du parcours du Groupe Orsay. Dans les années 80, Lydie Do, Camerounaise de Sarcelles, nous mobilisait dans son combat pour l'adoption d'une législation condamnant ces pratiques. Plus récemment au colloque de 2003 il était question de violence de parole, mais aussi de transmission.
Ce dernier point nous concerne au premier chef : ce sont souvent les grand-mères, véritables matriarches, qui imposent de telles pratiques au nom de la tradition, de la transmission des coutumes, des rites que certains n'hésitent pas à qualifier de religieux.

Restons nous-mêmes vigilantes pour que notre désir de voir perdurer des valeurs qui ont charpenté nos vies, ne se transforme pas en volonté d'imposer des rituels vides de sens, voire mortifères.

Pour conclure je reprendrai quelques mots prononcés à la fin du colloque de 2003. On peut transmettre le pire comme le meilleur  ... La transmission nous échappe. Nous pensons à nos enfants, ce que nous vivons, ce que nous disons, ce que nous sommes, c'est autant de provisions que nous mettons dans le sac à dos de ces enfants qui s'embarquent pour le grand voyage de la vie. Ils vont le porter, puis un jour s'arrêter, ouvrir le sac, jeter des choses qui nous paraissaient importantes, en garder d'autres qui nous semblaient futiles. Ils continueront leur route en chargeant eux-mêmes leur sac.
A. R


20 février 2010